Création 2017

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 Pavane…

(création 2017)

solo (Pavane miniature) et quatuor (Pavane miroir)

50 minutes

Palimpseste de The Moor’s Pavane de José Limon (1949)

 Interprètes:
  • Solo: Aurélie Berland
  • Quatuor: Lola Atger, Gianna Grünig, Louise Hakim, Claire Malchrowicz.
Musique: Un salon au fond d’un lac, Marc Baron, 2014
Lumières: Manuella Rondeau
Costumes: Manuela Ribeiro

 

Pavane… palimpseste de The Moor’s Pavane de José Limon crée en 1949 inaugure  la série « Miniatures et miroirs » où seront expérimentés des modes de transformation de partitions de pièces de groupe du répertoire moderne et contemporain.

D’une durée de 40 minutes, elle se compose de 2 parties, un solo et un quatuor qui sont deux variations de la chorégraphie initiale de 20 minutes.

UNE VISION PALIMPSESTE

« Un palimpseste est un parchemin dont on a gratté la première inscription pour en tracer une autre, qui ne la cache pas tout à fait, en sorte qu’on peut y lire, par transparence, l’ancien sous le nouveau. On entendra donc, au figuré, par palimpsestes (plus littéralement : hypertextes), toutes les oeuvres dérivées d’une oeuvre antérieure, par transformation ou par imitation. De cette littérature au second degré, qui s’écrit en lisant, la place et l’action dans le champ littéraire sont généralement, et fâcheusement, méconnues. On entreprend ici d’explorer ce territoire. Un texte peut toujours en lire un autre, et ainsi de suite jusqu’à la fin des textes. Celui-ci n’échappe pas à la règle : il l’expose et s’y expose. Lira bien qui lira le dernier. ». Gérard Genette, « Palimpsestes. La Littérature au second degré »

C’est le double plan du palimpseste, double temporalité qui intéresse chorégraphiquement Aurélie Berland, imaginant une danse du passé qui, alors qu’elle se déroule, s’éloigne tout en restant présente, se manifeste de plus en plus autrement, est de plus en plus suggérée. Explorant les potentialités de l’écrit, il ne s’agit pas de transformer selon ses goûts personnels ou ceux de son époque mais de construire et de suivre une dramaturgie de la transformation qui dialogue avec l’oeuvre.

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UNE PAVANE OSCILLANTE   (perspective de réécriture )

C’est l’oscillation et le vacillement de la différence qui ont particulièrement inspiré la réécriture de The Moor’s Pavane qui est au contraire « une étude des limites » , une tentative chorégraphique d’une cohérence exemplaire de différencier des personnages et de traduire des rapports de forces.

Le principe de réduction de Pavane… qui suppose une indifférenciation des partitions des quatre danseurs de The Moor’s Pavane contredit apparemment l’idée chorégraphique de José Limon qui, s’inspirant du drame d’Othello, déploie une logique de différenciation des personnages à partir d’une forme indifférenciée de danse de bal.

Cependant, si on considère la dramaturgie formelle de Limon comme une traduction de la vision manifeste de son professeur Doris Humphrey:  » l’art moderne est l’annexion de formes soumises à un schéma intérieur« , la réduction répond également à ce même mouvement d’appropriation (annexion) tandis que les cadres différenciés se confondent.

La dramaturgie de Pavane… s’est aussi inspirée du concept de  » crise de la différence » de René Girard. Dans Les Feux de l’envie,  il l’associe d’ailleurs au théâtre shakespearien où « la rupture d’harmonie renvoie toujours à quelques interactions de doubles et à l’effondrement d’une différence provoquée par l’effort fait pour l’accentuer ».

 Pavane… commence par une variation en solo où le défi est d’incarner tous les personnages successivement puis simultanément jusqu’à ce que la différence cède. Puis,  le quatuor reprend la partition solo, se constituant en foule puis un chœur, il explore les possibilités d’une polyphonie.

A propos de la musique:

http://www.francemusique.fr/emission/le-cri-du-patchwork/2014-2015/silence-4-4-l-espace-du-silence-10-25-2014-16-00

La version intégrale de La Pavane du Maure est visionnable intégralement depuis août 2016 sur youtube: