Les statues meurent aussi (création 2021)

 

Les Statues Meurent Aussi 

(création 2021)

pour 5 danseuses

1h30

teaser : https://vimeo.com/512866439

Reconstruction et création : Aurélie Berland ; Interprétation : Aurélie Berland, Alice Boivin, Anne-Sophie Lancelin, Claire Malchrowicz, Marion Rhéty, Lola Atger ; Lumières : Flore Dupont ; Chercheuse associée : Katharina Van Dyk ; Production : Compagnie Gramma- ; Coproduction : Micadanses ; Soutien : DRAC Ile-de-France (aide au projet), Mairie de Paris (aide à la résidence artistique et culturelle) ; Résidences : Collectif 12, CN D – Centre national de la danse, CCN de Roubaix Hauts-de-France / Sylvain Groud, Essieu du Batut, Studio Rambouillet

Évoquant par son titre le film anticolonial Les statues meurent aussi de Chris Marker et Alain Resnais, Aurélie Berland nous invite, avec quatre autres danseuses, dans un paysage en clair-obscur, à faire l’expérience de danses composées à partir d’archives peu connues : des partitions de pédagogie de danse moderne allemande traduisant des recherches menées à partir des années 10. Reconstruire des exercices, des études, des gammes jusqu’à la composition de « danses qui auraient pu être » est une manière pour elle de transmettre quelque chose de la construction et des états de corps de cette modernité dansante qui sous-tendent la « danse expressionniste allemande ». Aurélie Berland choisit aussi, dans cet assemblage de sources hétérogènes, de la gymnastique rythmique aux recherches ésotériques et abstraites de Rudolf Laban, de réinterpréter ces gestes au regard de leur contexte artistique et politique, sans atténuer le climax idéologique que les années 30 atteignirent ni l’influence majeure des arts des peuples colonisés. 

Cette créatrice, formée à la notation Laban, interroge des « constructions de l’oubli » dans l’histoire de la danse pour susciter la création au présent. Selon elle : « ces statues sont des danses, et plus précisément des partitions de danse, qu’il ne s’agit ni d’oublier ni de laisser sur papier ; d’interpréter, de contextualiser plutôt que de déboulonner ». 

 

En savoir plus : 

     « C’est que le peuple des statues est mortel. Un jour, nos visages de pierre se décomposent à leur tour. Les civilisations laissent derrière elles ces traces mutilées comme les cailloux du Petit Poucet. Mais l’histoire a tout mangé. Un objet est mort quand le regard vivant qui se posait sur lui a disparu. » Chris Marker.

Les Statues meurent aussi est un film de Chris Marker et Alain Resnais qui critique la muséification de l’art africain acquis dans le contexte de la colonisation. Décontextualisées ces oeuvres abandonnées en vitrine sont rendues muettes, elles ne racontent rien des sociétés qui les ont vu naître. Ce film parle donc d’une forme d’appropriation au sens le plus fort, au sens d’acquisition et de détournement de sens. 

Mes statues sont des danses et plus précisément des partitions de danse qu'il ne s'agit ni d'oublier ni de laisser sur papier, d'interpréter plutôt que de déboulonner.

"La forme artistique n'est pas une fin en soi, n'est pas créée pour enfermer et neutraliser le ferment dont il est issue. Elle est le réceptacle qui ne cesse d'être chauffé, embrasé par le contenu vivant, jusqu'à ce que le processus de fonte mutuelle soit complété, et c'est alors seulement que l'acte de création nous parle" Mary Wigman, au sujet de La danse de la sorcière, traduit par Jacqueline Robinson.

Cette création met en scène des archives de danse moderne qui font référence à des recherches qui se sont déployées à partir des années 10 en Allemagne. 

Elles sont motivées par le besoin de trouver une danse en adéquation avec la vie moderne mais aussi de compenser les effets délétères de cette nouvelle société industrialisée, sur la santé physique et mentale.

C'est une compilation non exhaustive de danse moderne allemande qui se déploie à partir du travail du rythme, considéré alors comme un remède possible à toute forme de fragmentation. 

Après la reconstruction de courtes danses hongroises,  nous appréhendons la gymnastique rythmique de Dorothee Günther (1896-1975) puis les études contrastées d’une élève de Mary Wigman (1886-1973) , Gundel Eplinius (1920-2007). La dernière danse est librement inspirée des recherches de Rudolf Laban (1979-1958) et d’ Irmgard Bartenieff (1900-1981).

Les recherches de Rudolf Laban qui ont insufflées cette modernité reposent sur l’étude de danses du passé (historiques, traditionnelles) et sur l’observation du travail moderne, du large éventail des mouvements quotidiens de l’homme contemporain et du développement de l’enfant. Elles s’inscrivent ainsi dans une source de renouvellement thématique prégnante de la modernité : le primitivisme.

Le primitivisme ne se rapporte pas seulement à l’art colonial mais aussi à l’art rupestre, au folklore, à l’enfant, au fou, au préhistorique. “Tous ont en commun, pour des raisons diverses, d'incarner l'inverse de l'homme moderne, urbain, savant, industrialisé.” selon Philippe Dagen dans son livre Le primitivisme, une invention moderne. 




Production : Cie Gramma-

Coproduction: Micadanses

Soutien : DRAC IDF (aide au projet)

Résidences : Collectif 12, CND, Atelier de Paris, « Résidence d’Artiste // Centre Chorégraphique National Roubaix Hauts-de-France // direction Sylvain Groud», Essieu du Batut, Studio Rambouillet
 
ARCHIVES 

REBER, Gisela, Négyesforgó, transmis par Emma Lugossy (partition Laban)

REBER, Gisela, Csárdás pour cinq filles et quatre garçons, chorégraphié par Gisela Reber d’après les cinétogammes d’Emma Lugossy et Maria Szentpál, Budapest (partition Laban)

REBER, Gisela, Csikós Csárdás transmis par Emma Lugossy et Maria Szentpal, Budapest, 1960 (partition Laban)

LUGOSSY, Emma, Frauen Reigentanz, transmis par Aleida Sluijter (partition Laban)

DANKER, Inge, Exercices de gymnastique rythmique de base de Dorothee Günther (partition Laban)

Gundel Eplinius (1920-2007), élève de Mary Wigman (1886-1973)

HIRVIKALLIO, Anja, Extrait de l’enseignement de la danse de Gundel Eplinius dans la droite ligne de Mary Wigman, Francfort, 2007 (partition Laban).

COTTIN, Raphaël, Réflexions sur la Forme en Analyse du Mouvement Laban, Paris, 2012

LABAN, Rudolf, Chorégraphie, trad. CHALLET-HAAS Jacqueline, Collection Pas à Pas, Ressouvenances, Coeuvres-et-Valsery, 2018

LOUREIRO, Angela Loureiro, CHALLET-HAAS Jacqueline, Exercices Fondamentaux de Bartenieff, Collection Pas à Pas, Ressouvenances, Coeuvres-et-Valsery, 2008

LABAN, Rudolf, Schrifttanz, 2. Petites danses avec exercices préparatoires, Leipzig, 1930 (partition Laban)

KNUST, Albrecht, Deux études de choreutique (partition Laban)

KNUST, Albrecht, Etude du mouvement du Lemniscate de Sylvia Bodmer, Manchester,1960 (partition Laban)


MUSIQUES


Danse de jeunes filles, Orchestre Bihary Janos de Budapest, Folklore Slave et Hongrois en Bourgogne, 1961

Csárdás en ut mineur, Orchestre Folklorique d’État Hongrois et Gabor Baross, danses et chants folkloriques de Hongrie, 1957

Cymbalon solo, Benedict Silberman et son orchestre, Collection folklore vivant : Hongrie, 1960

Remanufacture : Refinery, Fear Factory, 1997 (extrait)

Film muet Les chemins de la force et de la beauté de Wilhem Prager, musique de Giuseppe Becce, 1925 (extraits)

Musica Poetica II : Ekstatischer Tanz, Carl Orff et Gunild Keetman, 1950-1954

7ème Symphonie en A majeur, Op. 92 de Ludwig Van Beethoven, 1811-1812

Carmina Burana de Carl Orff, 1935-1936 (extraits)

Froektjok Poenjah danse de théâtre Balinais, composition pour gamelan, Université de Paris - Institut de Phonétique, 1931

Trilogie de la mort d’Eliane Radigue, 1988 (extrait)

Film Toute la mémoire du monde d’Alain Resnais, musique de Maurice Jarre, 1956 (extrait)

Film Les Statues meurent aussi de Chris Marker, musique de Guy Bernard, 1953 (extraits)

Lotus Land, op.47-1, Cyril Scott, 1905

Siegried’s Funeral March, Richard Wagner, 1876 (extrait)

Nachtstücke, Op.23, No 4, Robert Schumann, 1839 (extrait)

Pastorale, musique de Hans Hasting pour la chorégraphie de Mary Wigman, 1929