Bienvenue sur le blog de la Cie Gramma- !

Ce projet de compagnie a pour mission de rendre accessible au plus grand nombre les oeuvres chorégraphiques capitales de l’humanité, patrimoine mondial immatériel à partir des partitions notées en cinétographie Laban ; de valoriser ces ressources culturelles dans une visée éducative pour favoriser la compréhension des spécificités mais aussi des échanges culturels et participer dans le champ de la création à la reformulation contemporaine d'une historicité du champ chorégraphique.

"Aurélie Berland s'est formée en notation Laban et a fondé en 2014 sa compagnie avec laquelle elle mène un travail de questionnement de l'histoire de la danse et, par là, sur les sociétés qui les ont vu naître ; une archéologie dans et par les corps, analysant nos héritages souvent confus, amenant à déplacer les frontières et les récits que l'on se fait de notre propre histoire, pour susciter la création au présent.
Cela n’a rien de suranné, de passéiste ou d’élitiste et constitue pour moi, au contraire, un engagement sensé qui répond à un besoin contemporain : celui de s’orienter dans une histoire commune à travers ma sensibilité propre, certes, mais une histoire qui n’en est pas moins commune, qu’il s’agit de rendre audible, dont il importe d’être le témoin de ce qui en est occulté, le passeur de ses résonances jusqu’à aujourd’hui, lesquelles racontent une époque qui n’est pas sans questionner la nôtre…”
- Marion Rhéty, danseuse de la Compagnie.



Les moyens de cette réactualisation, entre reconstruction et création, avec pour outil la notation Laban, dépendent de l’oeuvre ou des oeuvres étudiées et sont des processus au long cours.

La première création Pavane…(2017) explore le chef d'oeuvre du chorégraphe moderne américain José Limon, The Moor's Pavane (1949), en proposant une réduction et une augmentation du quatuor d’après la partition Laban existante. Dans Les Statues Meurent Aussi (2021) elle nous plonge dans la danse moderne allemande, prenant à bras le corps les ambiguïtés idéologiques des années 30. Et elle se penche sur l'envers des œuvres, c'est-à-dire les techniques et pédagogies des danseurs de ces années-là, jusqu'à l'écriture de pièces (Rudolf Laban, Mary Wigman et d'autres élèves de Laban, Irmgard Bartenieff, Dorothée Günther). 

Par ailleurs, Aurélie Berland participe à des projets de recherche en danse avec Guillaume Sintès (pour la reconstruction de L'Oiseau-qui-n'existe-pas de Karin Waehner) et Katharina Van Dyk (pour des ateliers à L'Université Paris VIII sur le répertoire révolutionnaire d'Isadora Duncan et la technique de Mary Wigman). Enfin, elle reconstruit et transmet du répertoire donnant lieu à des récitals comme Steps…en 2018 (Doris Humphrey, Martha Graham, Etienne Decroux...) et Les Battements du temps en 2019 (Isadora Duncan et Rudolf Laban) en collaboration avec Francesca Todesco. 

Les pratiques développées au sein de la compagnie se rejoignent comme expériences d’altérité  et de transformation.  Elles pourraient se confondre dans l’acte de « traduire » tel que le décrit André  Markowicz :

« être dans toutes les époques, refuser l’ici et maintenant, considérer que nous ne vivons pas ici et maintenant simplement pour nous-mêmes mais que nous sommes conscients d’une durée, et que c’est une durée polyphonique ».

Le site est construit comme un blog, un classeur de travail ouvert où sont collectés des matériaux autour du travail de la compagnie (qui est lui présenté via la barre de menu).

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 Mark Tansey’s Robbe-Grillet Cleansing Every Object in Sight, 1981